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		<title>Comment subvenir à ses besoins financiers, pendant une thèse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hegemon]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Mar 2025 18:01:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[doctorant]]></category>
		<category><![CDATA[doctorat]]></category>
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					<description><![CDATA[Les doctorants font souvent face au même dilemme : avancer sa thèse, ou gagner sa vie ? Un travail alimentaire permet de subsister, mais il reste alors au thésard peu de temps pour mener ses recherches et avancer ses travaux. Fort heureusement, quelques solutions existent, pour les plus motivés. Le pont doré : la thèse [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Les doctorants font souvent face au même dilemme : avancer sa thèse, ou gagner sa vie ? Un travail alimentaire permet de subsister, mais il reste alors au thésard peu de temps pour mener ses recherches et avancer ses travaux. Fort heureusement, quelques solutions existent, pour les plus motivés.</em></p>
<p><strong>Le pont doré : la thèse rémunérée</strong></p>
<p>Quelques heureux, tous les ans, décrochent une rémunération pour leur thèse. Cette dernière permet au doctorant d’avancer sereinement dans ses études. Elle peut être issue d’une bourse étudiante, d’origine universitaire, étatique, ou autre. Elle peut aussi être délivrée directement par une entreprise qui « parraine » le doctorant – si le sujet étudié est d’une grande importance stratégique pour l’entreprise mécène. Hélas, rares sont les thèses rémunérées et les places sont chères. Adrien de Tricornot, du Monde, en atteste : « <em>Le non-financement des recherches effectuées par les thésards est dénoncé depuis longtemps par les associations de doctorants en sciences humaines. La Confédération des jeunes chercheurs (CJC), qui regroupe une quarantaine d’associations de doctorants et de docteurs de toutes les disciplines, rappelle aussi régulièrement que le doctorat est une expérience professionnelle de recherche et qu’en conséquence les doctorants doivent être considérés comme des jeunes chercheurs et non comme des étudiants, ce que reconnaissent les textes européens.</em> » En somme, le thésard ne pourra souvent reposer que sur sa propre créativité et ses ressources pour rendre son doctorat possible.</p>
<p><strong>Le cas classique : le job alimentaire</strong></p>
<p>Deuxième option, moins confortable mais plus accessible, le job alimentaire. Les Echos préviennent : « <em>A côté de leurs travaux, bien des doctorants courent après les financements tout en cumulant enseignement et parfois petits boulots. A cela peut s'ajouter l'administratif qui va à contre-courant de leurs recherches</em>. » Souvent sous-payé et aux horaires contraignants, ces postes sont faciles à décrocher mais ralentiront considérablement l’avancée des travaux. L’étudiant aura souvent à arbitrer entre augmenter son travail et ses revenus d’une part, mais alors ralentir le progrès dans sa thèse (voire décrocher, in fine) d’autre part, et vice-versa. Les secteurs qui recrutent sont la restauration, la restauration rapide, et les commerces, souvent à des salaires proches du SMIC.</p>
<p><strong>Certains postes semblent faits sur-mesure pour les doctorants</strong></p>
<p>Enfin, certains postes se prêtent particulièrement à l’équilibre recherché par les doctorants. Adrien Brown, responsable de compte chez Sécuritas, indique : « <em>Certains doctorants prennent des postes chez nous, en parallèle de leurs études, ce qui leur fournit un équilibre satisfaisant et durable</em> ». Les postes d’agents de sureté consistent à sécuriser des lieux sensibles (comme des ambassades ou des data centers) et ont la particularité d’organiser le temps de travail sur trois jours à 12h, plutôt que cinq jours à 7 heures. « <em>Les doctorants signent donc des contrats à temps plein, mais qui leur laissent quatre jours libres par semaine pour avancer leurs travaux. C’est une formule qui convient aussi aux start-uppers qui veulent du temps pour développer leur entreprise, avant de se rémunére</em>r», précise Adrien Brown. Attention, ces postes sont soumis à certains critères : il faut, pour être validé par le ministère de l’Intérieur, être de nationalité française (ou 5 ans minimum sur le territoire national), anglophone, mobile et d’un professionnalisme irréprochable.<br />
Se lancer dans un doctorant est une épreuve ardue, chacun le sait, et qui peut en effrayer plus d’un. Mais les solutions publiques, comme privées, existent pour pouvoir sereinement atteindre son but académique, pour qui s’en donnera les moyens.</p>
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		<title>Ces français emprisonnés à l’étranger</title>
		<link>https://www.hegemon.eu/2025/02/12/ces-francais-emprisonnes-a-letranger/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Hegemon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Feb 2025 19:59:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[En 2023, plus de 2000 français étaient incarcérés à l’étranger, pour les trois quarts pour des motifs de droit commun ou d’activités liées au trafic de stupéfiants. Mais près de 500 d’entre eux sont incarcérés pour motifs “autres” - lisez, pour des raisons politiques et diplomatiques. Les résultats du Quai d’Orsay, central dans la gestion [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>En 2023, plus de 2000 français étaient incarcérés à l’étranger, pour les trois quarts pour des motifs de droit commun ou d’activités liées au trafic de stupéfiants. Mais près de 500 d’entre eux sont incarcérés pour motifs “autres” - lisez, pour des raisons politiques et diplomatiques. Les résultats du Quai d’Orsay, central dans la gestion de ces affaires sensibles, est en dents-de-scie.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Une monnaie d’échange entre pays</strong></p>
<p>Le nombre de détenus étrangers, ainsi que leurs origines, est un indicateur étrange mais fiable des relations diplomatiques entre pays. Sans surprise, le nombre de détenus occidentaux et français est monté en flèche depuis l’invasion de l’Ukraine par les forces armées russes. Les agents de renseignement qui, de temps de paix, étaient tolérés par leurs pays d’accueil, sont davantage surveillés et arrêtés en cas de conflit. Dès lors, chaque pays dont les espions auront été arrêtés aura la tentation de détenir des citoyens étrangers en contrepartie, en vue d’un futur échange; comme cela a eu lieu en août 2024, lorsque Moscou a libéré de nombreux prisonniers politiques dans le cadre d’un accord. A l’occasion de leur libération, le quai d’Orsay a publié un <a href="https://it.ambafrance.org/Russie-La-France-se-rejouit-de-la-liberation-de-plusieurs-prisonniers">communiqué</a>: “<em>La France s’associe à l’émotion des familles et des gouvernements alliés suite à la libération de plusieurs prisonniers politiques détenus en Russie, dont Vladimir Kara-Mourza, Ilya Iachine, Oleg Orlov, Alexandra Skotchilenko, Evan Gershkovich, Paul Whelan, Alsu Kurmasheva, Rico Krieger, Patrick Schöbel et Kevin Lik. Elle exprime son soulagement, notamment au regard des conditions de détention auxquelles ils étaient soumis et des risques qu’elles faisaient peser sur leur santé.</em>” Le rôle spécifique de Paris dans cet accord n’est pas connu officiellement. Aujourd’hui, ce sont près de 1300 étrangers détenus par Moscou, dans l’attente que leur échange soit négocié et qu’ils puissent retrouver leurs familles. Et le cas n’est en rien spécifique à la Russie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Des règles de droit international pas toujours respectées</strong></p>
<p>La France se soumet, en principe, à diverses règles de droit international dans la gestion des prisonniers étrangers. Notamment, l’Hexagone refuse d’appliquer le principe d’extradition si le condamné encourt la peine de mort pour le délit commis, dans son pays d’origine. Ainsi faisant, la France promeut l’abolition de la peine de mort au-delà de ses frontières. Mais cette noble volonté n’est pas sans limite. En effet, Paris n’applique pas cette même prudence humanitaire quand il s’agit de traitements inhumains ou dégradants.  En 2024, les Nations Unies se penchaient sur<a href="https://documents.un.org/doc/undoc/gen/g24/207/34/pdf/g2420734.pdf"> le cas de Paul Maillot</a>, un franco-malgache incarcéré en 2021 pour “coup d’état”, après un procès entaché d’irrégularités et détenu dans des conditions proches de la torture. Les sphères diplomatiques soupçonnent que l’ancien officier français de gendarmerie a été incarcéré par le président malgache pour faire taire ses critiques du pouvoir et de la situation désastreuse du pays. Sa fille, Elise Maillot, femme d’affaires parisienne, témoignait récemment au micro de <a href="https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250119-madagascar-apr%C3%A8s-la-d%C3%A9tention-du-franco-malgache-paul-maillot-rafanoharana-sa-fille-demande-l-intercession-de-paris">RFI</a>, appelant Paris à l’action: “<em>Aujourd'hui, on a un Français qui est détenu dans ces conditions qui sont inhumaines, assimilées, je le rappelle, à la torture. Les termes de l'ONU sont clairs et donc, on ne peut pas rester les bras croisés. Et moi, en tant que fille, je ne peux pas rester les bras croisés. Je continuerai le combat aussi longtemps qu'il faudra le mener, mais mon père, lui, au vu de ses conditions de détention actuelles, ne pourra pas tenir encore 16 ans et demi dans ces conditions. C'est impossible. Les autorités françaises disent régulièrement que la France n'abandonne jamais ses citoyens. Je demande très simplement qu'elle nous en fasse la démonstration dans le cas de mon père</em>”. En effet, d’autres citoyens français ont été rapatriés en France et Paris, qui verse annuellement <a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/madagascar/relations-bilaterales/#:~:text=La%20France%20est%20le%204e,200%20millions%20USD%20fin%202021).">200 millions d’euros</a> au titre de l’aide au développement, a largement l’influence nécessaire pour demander son transfèrement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Le rôle central des Nations Unies</strong></p>
<p>L’ONU a pleinement conscience que le traitement réservé aux prisonniers, comme le respect du droit fondamental, est inégal dans le monde. Pour autant, l’organisation internationale ne peut se permettre l’ingérence dans tous les pays, au risque d’être perçu comme un organe de domination occidental et de porter atteinte au tissu relationnel global. Ainsi, les Nations Unies cherchent à s’appuyer sur les quelques pays au monde qui remplissent simultanément deux critères : une adhésion rigoureuse aux principes qui encadrent les libertés et la détention d’une part, et des liens forts à la communauté internationale d’autre part. La France répond parfois présent à l’appel du devoir, comme elle le fit pour Farida Adelkhah, anthropologue incarcérée par Téhéran avec son mari. En février 2023, Paris obtient sa <a href="https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/iran/evenements/article/iran-liberation-de-fariba-adelkhah-10-02-23">libération</a>: “<em>La France se réjouit de la libération ce soir de Mme Fariba Adelkhah, chercheuse au centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, qui était injustement détenue en Iran à la prison d’Evin. Il est essentiel que Mme Fariba Adelkhah puisse recouvrer l’ensemble de ses libertés, y compris celle de retourner en France si elle le souhaite. La France rappelle sa demande de libération immédiate et sans conditions de tous les ressortissants français détenus arbitrairement en Iran</em>”, laissant ainsi entendre que le cas de Farida Adelkhah n’est pas isolé. Paul Maillot, comme des centaines d’autres détenus politiques, attend toujours. En 2023, l’ONU se penchait sur le sort des centaines de prisonniers politiques au <a href="https://news.un.org/fr/story/2023/01/1131127">Myanmar</a> qui sont toujours incarcérés malgré la libération de 7000 de leurs camarades à l’occasion d’une amnistie. Fin 2023, c’étaient aux prisonniers du Sahara occidental,<a href="https://al24news.com/fr/appel-de-lonu-pour-la-liberation-des-prisonniers-politiques-sahraouis-par-le-maroc-une-grande-victoire/"> détenus au Maroc</a> sur fond de conflit territorial, de faire l’objet de l’attention des Nations Unies.</p>
<p>Pour chaque famille de détenu politique, c’est une longue lutte qui, parfois, traîne durant des années, dans l’espoir de voir un jour la justice rétablie et de retrouver leur proche. Les services diplomatiques sont alors confrontés à l’alternative, entre servir les intérêts de la Nation ou ceux de la justice.</p>
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		<title>Révolution de la Formation Continue : Les Possibilités Infinies de l&#039;Intelligence Artificielle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yanis Koudota]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jul 2024 08:18:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
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					<description><![CDATA[Introduction Dans un monde en constante évolution, le maintien de la compétitivité des entreprises requiert un développement professionnel continu. L'avènement de l'intelligence artificielle (IA) ouvre de nouvelles perspectives pour réinventer notre manière d'apprendre et de progresser dans nos carrières. Dans le domaine de la formation professionnelle, l'IA représente un levier majeur de transformation. &#160; Les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2><b>Introduction</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Dans un monde en constante évolution, le maintien de la compétitivité des entreprises requiert un développement professionnel continu. L'avènement de l'intelligence artificielle (IA) ouvre de nouvelles perspectives pour réinventer notre manière d'apprendre et de progresser dans nos carrières. Dans le domaine de la formation professionnelle, l'IA représente un levier majeur de transformation.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>Les Avantages de l'IA dans la Formation Professionnelle</b></h2>
<h4><span style="font-weight: 400;">Les avantages de l'IA dans la formation professionnelle sont nombreux. Elle permet notamment de :</span></h4>
<ul>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;"><strong>Gagner du temps</strong> dans la gestion des formations en automatisant la création de contenus et les recommandations de formations personnalisées pour les apprenants.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;"><strong>Améliorer l'efficacité des formations</strong> en proposant des expériences d'apprentissage interactives et en adaptant les parcours de formation aux besoins individuels de chaque employé.</span></li>
<li style="font-weight: 400;" aria-level="1"><span style="font-weight: 400;"><strong>Favoriser un meilleur engagement des apprenants</strong> et une évaluation objective de leurs progrès, tout en contribuant à améliorer la qualité et la cohérence des formations dispensées.</span></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>L'Impact de l'IA sur la Formation Continue</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">L'impact de l'IA sur la formation professionnelle est indéniable et continuera de croître avec les avancées technologiques à venir. En particulier, le domaine de la formation à distance est en pleine mutation, abandonnant les méthodes rigides au profit d'approches interactives et dynamiques. L'intégration de l'IA dans la formation professionnelle transforme également le rôle des professionnels de la formation, suscitant des interrogations sur l'avenir du métier de formateur.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>L'IA : Un Allié, <span style="text-decoration: underline;">Pas un Remplaçant</span></b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Bien que certains redoutent que l'IA rende obsolètes les formateurs humains, il est crucial de souligner que son but n'est pas de les remplacer, mais plutôt de les soutenir dans leurs missions. Les formateurs de demain devront être des experts en pédagogie et en technologie, capables d'utiliser l'IA pour optimiser l'apprentissage de leurs apprenants tout en préservant une dimension humaine essentielle.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>Transformation des Métiers RH et de la Formation</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">L'IA transforme également les métiers des ressources humaines et du développement des compétences, en introduisant une automatisation avancée dans la création de contenus pédagogiques et la gestion des compétences au sein de l'entreprise. Elle permet d'analyser de manière prédictive les besoins en compétences futurs et de faciliter la création et la mise à jour des référentiels de compétences.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>Possibilités d'Utilisation de l'IA en Formation Continue</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">En amont de la formation, l'IA offre des possibilités d'analyse prédictive des besoins en compétences et d'aide à la création de référentiels de compétences structurés et évolutifs. Elle facilite également la génération de contenus pédagogiques sur mesure, adaptés aux besoins spécifiques des apprenants, et favorise le développement de contenus interactifs et immersifs pour rendre l'apprentissage plus attractif et efficace. </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Pendant la formation, l'IA permet de personnaliser les parcours d'apprentissage en fonction des performances et des préférences des apprenants, et d'optimiser l'environnement d'apprentissage en proposant des expériences immersives et un mentorat virtuel personnalisé. Après la formation, elle simplifie la collecte et l'analyse de données pour fournir des insights utiles à l'amélioration continue des programmes de formation et à l'adaptation des stratégies pédagogiques.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>Les Limites de l'Usage de l'IA en Formation Continue</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Malgré ses avantages, l'usage de l'IA en formation professionnelle présente certaines limites. Les principes fondamentaux de l'enseignement, tels que le savoir-faire des formateurs, la collaboration et la motivation des apprenants, restent indispensables pour garantir le succès des programmes de formation.</span></p>
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		<title>Le Leadership Réflexif : Une Approche Philosophiquement Éthique du Leadership avec Clément Bosqué</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yanis Koudota]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jul 2024 13:06:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Entreprise]]></category>
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					<description><![CDATA[Introduction Le leadership, au-delà des modèles et des théories traditionnelles, prend une dimension plus profonde lorsqu'il est abordé avec une réflexion éthique et philosophique. Clément Bosqué, avec dix ans d'expérience en tant que directeur d'établissements publics et privés, nous offre une perspective unique sur le leadership. Il rejette les styles de management conventionnels et plaide [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h1><b>Introduction</b></h1>
<p><span style="font-weight: 400;">Le leadership, au-delà des modèles et des théories traditionnelles, prend une dimension plus profonde lorsqu'il est abordé avec une réflexion éthique et philosophique. Clément Bosqué, avec dix ans d'expérience en tant que directeur d'établissements publics et privés, nous offre une perspective unique sur le leadership. Il rejette les styles de management conventionnels et plaide pour un leadership basé sur la réflexivité et le sens. Explorons ensemble les fondements de cette approche et l'importance de la philosophie dans le management.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>Définition et Vision du Leadership</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Clément Bosqué ne croit pas aux styles de management décrits dans les manuels, tels que les styles délégatif ou participatif. Pour lui, le véritable objectif du management est de produire de l'intelligence chez les collaborateurs. Cela nécessite une réflexion constante, un questionnement et un apprentissage perpétuel de la part du manager. Il explique : « Je pense que ce qu'on veut produire en tant que manager, c'est de l'intelligence chez nos collaborateurs, chez nos collègues. Et pour faire cela, nous avons besoin nous-même d'être en réflexion, d'être en questionnement sur ce qu'on fait et d'être aussi en apprentissage. » Par son exemplarité, un leader peut susciter cette même réflexion chez ses équipes, créant ainsi un environnement de travail où chacun est encouragé à penser et à évaluer ses actions.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>L'Éthique dans le Management</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour Bosqué, un management efficace est intrinsèquement éthique. L'éthique, selon lui, n'est pas une collection de grandes valeurs à appliquer, mais un regard introspectif sur ses actions et son comportement : « L'éthique, c'est la capacité à réfléchir à son positionnement et à sa posture. Et cette capacité de réflexion, d'où la réflexivité, pour moi, est indissociable de l'exercice de la pensée. » Il s'agit de créer un espace de travail personnel où l'on peut réfléchir à ses pratiques professionnelles. Clément Bosqué s'inspire de la philosophie pour nourrir cette réflexion, rappelant que le terme grec "</span><i><span style="font-weight: 400;">ethos</span></i><span style="font-weight: 400;">", qui a donné en francais “éthique”, se réfère au comportement, et non à des valeurs abstraites.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>L'Évaluation de l'Efficacité du Leadership</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">L'efficacité du leadership de Clément Bosqué est mesurée par la capacité à produire un climat de travail favorable. Il cherche à percevoir si ses collaborateurs se sentent autorisés à essayer, proposer et prendre des initiatives. « J'ai besoin de sentir que mes collaborateurs, mes collègues se sentent autorisés à essayer, à proposer, à prendre des initiatives. C'est à ça que je mesure si j'arrive à susciter quelque chose. » L'engagement des collaborateurs, leur capacité à penser et à agir de manière intelligente, est un indicateur clé de l'efficacité de son leadership. Comme Aristote l'a évoqué avec la notion de "</span><i><span style="font-weight: 400;">phronesis</span></i><span style="font-weight: 400;">" ou sagesse pratique, Bosqué valorise une intelligence d'exécution chez ses équipes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>Gestion des Résistances au Changement</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Comprendre l'histoire et l'identité de l'entreprise est essentiel pour gérer les résistances au changement. Chaque entreprise a une "identité narrative" qui explique les comportements actuels basés sur le passé. « Tout collectif humain a une histoire, et a une identité narrative, comme disait Paul Ricœur. C'est-à-dire qu'on est constitué par ce qu'on a fait avant. » Bosqué souligne que le changement véritable n'est pas simplement de passer d'un point A à un point B, mais de se transformer qualitativement à travers le processus. Il préfère le terme "transformation" à "changement", mettant l'accent sur l'évolution collective et individuelle. « Nous nous transformons. À la limite, le projet peut ne pas aboutir. Il peut ne pas porter ses fruits. Il peut être abandonné en cours de route, mais malgré tout, il s'est passé quelque chose. »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>Spécificités du Secteur Social</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Le secteur social présente des particularités distinctes par rapport aux autres secteurs. Les bénéficiaires des services ne sont pas des clients traditionnels, mais des personnes accompagnées. « Le secteur social a quelques spécificités qui sont, par exemple, que l'on n'y accueille pas des clients, mais des personnes qui sont bénéficiaires, usagers, personnes accompagnées. » Ce secteur adopte progressivement des logiques d'entreprise, mais conserve une tradition de réflexion collective autour des objectifs de travail. Bosqué considère que cette approche est en avance sur le secteur marchand en termes de valorisation de l'intelligence collective et de participation active des professionnels. « C'est inscrit dans l'ADN et dans l'histoire de ce secteur que les opérateurs de ce secteur ne sont pas de simples exécutants, mais sont des acteurs. »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>Influence de la Philosophie sur le Management</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">La philosophie joue un rôle central dans l'approche managériale de Bosqué. Il croit que pour être un bon praticien, il faut être un penseur intelligent, capable de faire des liens entre la théorie et la pratique. « L'expérience et la pratique m'ont enseigné que je ne pouvais pas être un bon praticien sans être un praticien intelligent, au sens étymologique, </span><i><span style="font-weight: 400;">intelligere</span></i><span style="font-weight: 400;">, faire des liens. » La philosophie aide à rapprocher la pensée de l'action, à donner du sens aux gestes quotidiens du management. Elle offre une dignité à l'action professionnelle, transformant les actes managériaux en pratiques réfléchies et intentionnelles. « La philosophie permet de hausser le quotidien à la dignité de la pensée. »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>Qualités Nécessaires pour un Leadership Équilibré</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Trouver un équilibre entre proximité et distance avec les collaborateurs est crucial. Bosqué souligne l'importance de savoir doser cette proximité, en adaptant sa posture selon les situations. « La qualité, c'est la qualité de savoir doser. Parce qu'on ne peut pas simplement se tenir toujours au même endroit. » Il s'agit d'un art de la nuance, où chaque interaction a une signification symbolique. Un dirigeant doit être flexible, capable de se rapprocher ou de prendre de la distance selon les besoins de ses collaborateurs et les objectifs à atteindre. « J'ai certainement besoin de pouvoir déplacer mon curseur en fonction de l'effet que je vais produire. »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>Perception et Gestion du Temps</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Bosqué critique la gestion traditionnelle du temps comme une simple quantité à allouer. Il propose de voir le temps comme une durée vécue, composée de cycles et d'occasions. « Le temps, ce sont des cycles. On sait qu'il y a des cycles dans la vie de l'entreprise. » Le temps ne doit pas être perçu comme une ressource à gérer de manière rigide, mais comme une succession de moments propices à la réflexion et à l'action. Cette perspective permet de vivre le temps de manière plus enrichissante et moins contraignante. « La vie est créatrice de nouveau à chaque instant. Et le temps, c'est intéressant aussi de le voir comme ça. »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h2><b>Conclusion</b></h2>
<p><span style="font-weight: 400;">Le leadership éthique et réflexif de Clément Bosqué offre une nouvelle vision du management. En intégrant la philosophie et l'éthique dans ses pratiques quotidiennes, il crée un environnement de travail où la réflexion et l'intelligence collective sont valorisées. Ce modèle de leadership, basé sur la transformation et la flexibilité, répond aux défis contemporains des organisations en plaçant l'humain et la réflexion au cœur du management. « Ma fonction, c'est de prendre soin de ma fonction. Pas pour moi seulement, pas parce que je suis là. Parce que cette fonction elle est au service des autres. »</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h1><b>FAQs</b></h1>
<p>&nbsp;</p>
<ol>
<li>
<h3><b> Comment intégrer la philosophie dans le management quotidien ?</b></h3>
</li>
</ol>
<p><span style="font-weight: 400;">Intégrer la philosophie dans le management quotidien signifie adopter une approche réflexive et critique de ses propres pratiques. Selon Clément Bosqué, « La philosophie permet de hausser le quotidien à la dignité de la pensée. » Cela implique de prendre le temps de questionner ses actions, de chercher à comprendre les implications éthiques de ses décisions et de s'inspirer des grands penseurs pour guider son comportement professionnel. Pour ce faire, il est utile de se ménager des moments de réflexion, que ce soit individuellement ou collectivement, et de favoriser un environnement où le dialogue et le débat sont encouragés.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<ol start="2">
<li>
<h3><b> Quelles sont les meilleures pratiques pour un leadership éthique ?</b></h3>
</li>
</ol>
<p><span style="font-weight: 400;">Pour Clément Bosqué, les meilleures pratiques pour un leadership éthique incluent la transparence, la considération des autres et la réflexion constante. « L'éthique, c'est la capacité à réfléchir à son positionnement et à sa posture. » Un leader éthique doit être honnête sur ce qu'il sait et ne sait pas, et doit traiter ses collaborateurs non pas comme des moyens au service d'une fin, mais comme des fins en soi. Cela nécessite de la transparence dans la communication, de l'honnêteté dans les interactions et une reconnaissance constante de la valeur de chaque individu.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<ol start="3">
<li>
<h3><b> Comment gérer efficacement les résistances au changement ?</b></h3>
</li>
</ol>
<p><span style="font-weight: 400;">La gestion des résistances au changement commence par la compréhension de l'histoire et de l'identité de l'entreprise. Clément Bosqué souligne : « Tout collectif humain a une histoire, et a une identité narrative, comme disait Paul Ricœur. » Il est crucial de reconnaître que les comportements actuels sont souvent enracinés dans le passé. Pour surmonter les résistances, il est important de dialoguer avec les équipes, de valoriser leur expérience et de les impliquer dans le processus de transformation. Le changement doit être vu comme une transformation qualitative, où l'accent est mis sur l'évolution collective et individuelle plutôt que sur le simple passage d'un point à un autre.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<ol start="4">
<li>
<h3><b> Quelles sont les spécificités du secteur social en termes de management ?</b></h3>
</li>
</ol>
<p><span style="font-weight: 400;">Le secteur social se distingue par la nature de ses bénéficiaires et ses pratiques de management. « Le secteur social a quelques spécificités qui sont, par exemple, que l'on n'y accueille pas des clients, mais des personnes qui sont bénéficiaires, usagers, personnes accompagnées. » Contrairement au secteur marchand, le secteur social valorise l'intelligence collective et la participation active des professionnels. Il adopte progressivement des logiques d'entreprise tout en conservant une tradition de réflexion collective autour des objectifs de travail. Cette approche unique permet de traiter les bénéficiaires non comme des clients mais comme des partenaires dans un processus de soutien et de développement.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<ol start="5">
<li>
<h3><b> Comment équilibrer proximité et distance avec ses collaborateurs ?</b></h3>
</li>
</ol>
<p><span style="font-weight: 400;">L'équilibre entre proximité et distance avec les collaborateurs est essentiel pour un management efficace. Bosqué explique : « La qualité, c'est la qualité de savoir doser. Parce qu'on ne peut pas simplement se tenir toujours au même endroit. » Il s'agit d'adapter sa posture en fonction des situations et des besoins des collaborateurs. La flexibilité et la capacité à naviguer entre ces deux aspects permettent de maintenir un environnement de travail harmonieux. Il est important de reconnaître les moments où une approche plus proche est nécessaire et ceux où il est préférable de maintenir une certaine distance pour respecter l'espace professionnel de chacun.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<ol start="6">
<li>
<h3><b> Quelle est l'importance de la réflexion théorique dans le management ?</b></h3>
</li>
</ol>
<p><span style="font-weight: 400;">La réflexion théorique est cruciale pour donner du sens aux actions managériales. « L'expérience et la pratique m'ont enseigné que je ne pouvais pas être un bon praticien sans être un praticien intelligent, au sens étymologique, </span><i><span style="font-weight: 400;">intelligere</span></i><span style="font-weight: 400;">, faire des liens. » La théorie permet de comprendre les fondements de nos actions, d'anticiper les conséquences et de guider les décisions de manière éclairée. Intégrer la réflexion théorique dans le management aide à aligner les intentions avec les actes, renforçant ainsi la crédibilité et l'efficacité du leadership.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<ol start="7">
<li>
<h3><b> Comment réorganiser notre perception du temps dans un contexte professionnel ?</b></h3>
</li>
</ol>
<p><span style="font-weight: 400;">Bosqué critique la gestion traditionnelle du temps comme une simple quantité à allouer. « Le temps, ce sont des cycles. On sait qu'il y a des cycles dans la vie de l'entreprise. » Il propose de voir le temps comme une durée vécue, composée de cycles et d'occasions. Plutôt que de percevoir le temps comme une ressource à gérer de manière rigide, il suggère de l'appréhender comme une succession de moments propices à la réflexion et à l'action. Cette perspective permet de vivre le temps de manière plus enrichissante et moins contraignante. Adopter cette nouvelle perception du temps aide à réduire le stress et à améliorer la qualité de vie professionnelle.</span></p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Visiting France? Forget Paris, try Reims instead</title>
		<link>https://www.hegemon.eu/2023/03/29/visiting-france-forget-paris-try-reims-instead/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Hegemon]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Mar 2023 22:03:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[If you’re reading this, chances are that you’ve either visited Paris already, or at least given plenty of thought to your next trip to France. Paris is losing grip on the global spell it has long had on visitors, and upcoming events will probably make things considerably more unpleasant for future tourists. A mere hour [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>If you’re reading this, chances are that you’ve either visited Paris already, or at least given plenty of thought to your next trip to France. Paris is losing grip on the global spell it has long had on visitors, and upcoming events will probably make things considerably more unpleasant for future tourists. A mere hour away, a far finer, French-er, awaits them.</p>
<h2>Paris sliding downhill</h2>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-170" src="https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Paris-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" srcset="https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Paris-300x200.jpg 300w, https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Paris-768x512.jpg 768w, https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Paris.jpg 964w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" />If you’ve been to Paris in recent years, the state of the city of lights hasn’t slipped by you. Despite massive tax increases (which Parisians aren’t delighted about), municipal services have been collapsing in recent years. Security issues are on the rise, cleanliness is worse than it has ever been and transport services are nearing the brink of saturation. Of the 14 subway lines, only four are running normally, including two considered to be fully dysfunctional (lines 11 and 12). Long story short, both the city of Paris and the Paris region (two distinct administrative entities) share responsibility for the maintenance and upkeep of the network and, in a classic case of “everybody’s business is nobody’s business”, each side has been relying on the other to do their job.</p>
<p>The initial idea, launched by Paris mayor Anne Hidalgo, of creating bike paths to give the city a little bit of its old charm back, sounded picturesque at first, but has quickly devolved into disaster. Town hall first enticed Parisians to use bicycles, and then quickly pressured them to do so, by disrupting automobile traffic as much as possible with inconvenient bike paths and over-extended work sites. Combined with the collapse of public transport, you can imagine what a state Paris is in now. Add to this the fact that trash collection hasn’t occurred in weeks, in Paris, and you’ll picture yourself slaloming on your bike between refuse mountains. But wait, it gets worse.</p>
<p>Paris is merely a year away from the Olympics, and many institutions, including France’s top administrative authority, the Cour des Comptes, have major doubts as to whether France will be ready on time to host the Olympics. The Stade de France riots which occurred in 2022 highlighted Paris’ incapacity to ensure safety for visitors and contain violence. As for transport, the ten million expected visitors should stress five-fold an already-overstretched public transportation network.<br />
So what? Cancel your visit to france? Certainly not: just look a little to the East, and you’ll find something very much worth your visit.</p>
<h2>The Reims cathedral</h2>
<p><img decoding="async" class="alignleft size-medium wp-image-171" src="https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Reims-cathedral-247x300.jpg" alt="" width="247" height="300" srcset="https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Reims-cathedral-247x300.jpg 247w, https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Reims-cathedral.jpg 650w" sizes="(max-width: 247px) 100vw, 247px" />A mere hour away from Paris, with a direct TGV connection, you will find the city of Reims, historically one of the most significant in French history. A major city since the Roman empire, Reims saw its staggeringly beautiful cathedral built in the 13th century - a place of worship where kings were traditionally crowned, during a ghastly 7-hour ceremony, to illustrate their god-given right to rule. Literally tens of millions of hours of work were put into the building of the cathedral, which took over a century to be completed. A week of intense scrutiny and hard study wouldn’t be enough to notice every detail, or memorize the countless historical events which have occurred in or around the masterpiece. Most parts of the cathedral can be visited, gardens and North tower included.</p>
<p>Once you’re done with the cathedral, walk over to the Basilica, another immense piece of religious architecture, which more closely resembles Paris’ Notre-Dame in its style. In between, you can also visit the Palace of Tau, which remained the epicenter of religious authorities for many years in French history. Look into the history of the place and you will not be disappointed: it turns out that the clergy ruled with an iron fist, back in the days, raised crushing taxes on the people and sometimes got into riots with people who were fed up with how long the cathedral was taking to build!</p>
<p>And where will you stay, while wandering from architectural masterpiece to historical jewel? Worry not, there’s everything you need.</p>
<h2>The best hotel in town opened in 2019</h2>
<p><img decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-172" src="https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Reims-hotel-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" srcset="https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Reims-hotel-300x300.jpg 300w, https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Reims-hotel-150x150.jpg 150w, https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Reims-hotel.jpg 596w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" />Built out of a former fire brigade (understandably located right across the cathedral), the Caserne Chanzy is the best choice, by far, for those who wish to enjoy Reims. All services are provided, ranging from restaurant to concierge station, and from basic accommodation to spa sessions, in-house. The interior is exquisitely decorated, with the authentic French charm and taste, which Paris now lacks sorely. Most views will give a breathtaking-view of the cathedral. But what stands out even more than the place itself is the hospitality. Many tourists shy away from Paris after a first visit, as the commercial aspect is egregious in each experience: in the capital city, a tourist is a sales opportunity, never mind the person behind it. Places like the Caserne Chanzy still hold dear the tradition of true hospitality, the apparent awareness that each Frenchman is an ambassador for his country, and that a visitor’s experience will depend on the quality of his or her encounters.</p>
<p>During your stay, therefore, you will probably be greeted, several times, by the general manager who will ensure that your visit is as pleasant as it can possibly be. You will be called by your name, and considered a host, not a walking wallet. Try finding that, nowadays.</p>
<h2>Don’t forget the countryside</h2>
<p><img decoding="async" class="alignleft size-medium wp-image-169" src="https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Champagne-169x300.jpg" alt="" width="169" height="300" srcset="https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Champagne-169x300.jpg 169w, https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Champagne-576x1024.jpg 576w, https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2023/03/Champagne.jpg 585w" sizes="(max-width: 169px) 100vw, 169px" />Last but not least, it would be a shame to visit Reims and forget the region you are in : Champagne. The Champagne region, whence the drink got its name, is famous world-wide for its wine, and synonymous with French “art de vivre”. Napoleon himself praised Champagne as “something wanted when victorious and needed when defeated”. So, before leaving, travel due south from Reims and, just beyond the natural reserve, you will find a gem in the small village of Cramant, in the Grand cru section of the Côte des Blancs. The Voirin Jumel establishment produces one of the finest champagnes you will taste. Don’t try finding it in New York or London, as this type of Champagne sells almost exclusively by word-of-mouth: either you’re in the know, or you’ll drink something more standard. Nothing wrong with that, per se, but one rarely tastes the true French experience from a supermarket shelf. The vineyard has been run by the same family for generations and places more focus on the taste of their wine than on the marketing around it - but you be the judge of that.</p>
<p>As is often the case, whatever is easy quickly turns bland. Very convenient all-in-one travel packs can be purchased by the dozen online, with a pick-up at Charles-de-Gaulle airport, 5 meals included and a visit to the Louvre. Here again, nothing wrong with that - but if you’re looking to experience France in a more authentic way, Paris should be a pit stop, not a destination. In the countryside towns of France, you will sense another environment, deeper-rooted in tradition, and with mores and lore a thousand years old.</p>
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		<title>EU commission struggles to foster tax reforms</title>
		<link>https://www.hegemon.eu/2022/06/07/eu-commission-struggles-to-foster-tax-reforms/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Adrian H. Brown]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jun 2022 21:12:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[Taxation inside the European Union is a difficult subject, bordering on a potential quagmire. The unified taxation system which has been wished for unanimously, almost since the very inception of the Union, is held back by many factors, and the apparent dead-end creates additional problems for Brussels. Everyone seems to agree on the idea, as [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Taxation inside the European Union is a difficult subject, bordering on a potential quagmire. The unified taxation system which has been wished for unanimously, almost since the very inception of the Union, is held back by many factors, and the apparent dead-end creates additional problems for Brussels. Everyone seems to agree on the idea, as long as it remains on paper. But despite promises to work towards harmonization, national governments are showing signs of inefficiency at best, bad faith at worst.</em></p>
<h2>Fiscal standardization going nowhere</h2>
<p>In March of 2022, the European commission once again <a href="https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/ip_22_1476">issued its fiscal guidelines</a>, in the attempt to build its influence on the regulating bodies of its members, and further its goal of unified, or at least manageable, taxation at the EU-level. These guidelines state that policy coordination and a consistent policy mix should be ensured; debt sustainability should be ensured through a gradual and high-quality fiscal adjustment and economic growth; and that investment should be fostered and sustainable growth promoted.</p>
<p>Indeed, the EU taxation landscape hangs like the sword of Damocles over the European Union’s head and continuously hampers its political development. Political analyst Todd Buell <a href="https://www.law360.com/tax-authority/articles/1302979/eu-s-relevance-hinges-on-ability-to-harmonize-tax">writes</a>: “Along with worsening divisions in the EU, the global pandemic has forced countries to do what previously had been unthinkable: resurrecting borders that had been open for decades. If countries continue to be suspicious of each other and, in some cases, accuse other states of hoarding tax revenue, then the next step could be the breakup of the euro currency.”</p>
<p>The attempt - and subsequent failure - of Brussel to smoothen taxes across borders is nothing new. But several tedious factors lie between the Commission and its dream.</p>
<h2>How a unified taxation system would benefit the Union</h2>
<p>Taxation, as it exists in virtually all European nations, has a problematic political side-effect. The process behind tax collection relies on extremely complex, varied and evolving taxation laws. Senior economist Balazs Egert <a href="https://voxeu.org/article/france-s-weak-economic-performance-sick-taxation">writes</a>: “France’s tax system is very complex and includes a great number of deductions, credits and exemptions. This complexity makes tax compliance burdensome for economic agents and increases the costs of tax collection. Furthermore, the tax system changes often. In fact, stability is desirable to minimise administrative and compliance costs and to reduce the negative effect of policy uncertainty on investment and saving decisions.”  Cui bono? Firstly, fiscal advisors and tax lawyers. As soon as a new tax is implemented, specialists tear it apart to find new loopholes to sell to their wealthy clients. Secondly, the governments’ constant need for additional income leads to the endless accumulation and never-ending modification of tax rates, brackets and exemptions.</p>
<p>Additionally, with the steep rise in digital companies, arises a new challenge. Because digital companies are Internet-based, they are everywhere and nowhere, unlike traditional companies which are set on a given territory by their production assets, outlets and clientele. The fiscal mess in which Europe lies is a golden opportunity for these digital companies who will pick and choose whichever European country “offers the best deal”, leading to vast fiscal losses for the other countries. Reuters <a href="https://www.reuters.com/article/us-google-taxes-netherlands/google-shifted-23-billion-to-tax-haven-bermuda-in-2017-filing-idUSKCN1OX1G9">reported</a> in 2020 that “For more than a decade the arrangement has allowed Google owner Alphabet to enjoy an effective tax rate in the single digits on its non-U.S. profits, around a quarter the average tax rate in its overseas markets. The subsidiary in the Netherlands is used to shift revenue from royalties earned outside the United States to Google Ireland Holdings, an affiliate based in Bermuda, where companies pay no income tax. The tax strategy, known as the “Double Irish, Dutch Sandwich”, is legal and allows Google to avoid triggering U.S. income taxes or European withholding taxes on the funds, which represent the bulk of its overseas profits.”</p>
<p>The <a href="https://www.oxfam.org/en/inequality-and-poverty-hidden-costs-tax-dodging">lethal side-effect of complex taxation</a>, as it is, is to keep the underprivileged poor and the wealthy rich. Be it at the level of the company or the individual, the rich are able to afford the services of well informed advisors and will continue to evade or reduce taxation, legally, using the loopholes which the overly-complex taxation system inevitably provides. This same complexity will prevent poorer segments of the population to thrive and develop, as entrepreneurial initiatives are undermined by the risk of running afoul of mis-identified fiscal obligations.</p>
<h2>The factors behind the stall</h2>
<p>Several factors stand in the way of Brussels' dream and strengthen the European fiscal homeostasis.</p>
<p>The first one is simple <a href="https://www.proquest.com/docview/2091283185">legislative inflation</a> : throughout the world, regulating bodies such as parliaments and taxation offices are far better at creating new rules than at suppressing outdated ones. The fiscal reform called for by Brussels entails a considerable simplification of the tax systems - a prerequisite for harmonization across the EU. Tax-enforcement organizations are generally opposed to suppressing existing laws, almost as a matter of principle.</p>
<p>The second factor behind Brussel’s inability to convince EU members to simplify and harmonize has to do with simple Realpolitik. This reform, while beneficial to all, sometimes causes fear within national governments that they would expose themselves to more centralized tax management by Brussels and could lose some of their control over taxation channels and their lifeblood.</p>
<h2>Belgium saying one thing, and doing another</h2>
<p>As irony would have it, Belgium itself, the homeland to the European Commission, is providing a perfect example of how European governments promise Brussels to clean up their fiscal act, while continuing to create dubious fiscal complexity.</p>
<p>Belgium has long had a “tax shelter” in place, to benefit the Belgian cultural scene. In a nutshell, Belgian companies are able to <a href="https://www.spreds.com/en/tax-shelter">reduce their taxation</a> by financing cultural projects - effectively allocating government subsidies to artistic productions of their choosing, with the help of intermediate brokers who collect a fee on each operation. Why a market as content-rich and vibrant as the Belgian cultural scene would need subsidies was already a question worth asking (and which is already being asked - link to the article <a href="https://www.hln.be/showbizz/musical-in-vlaanderen-is-een-goudmijn-voor-de-een-een-fiasco-voor-de-ander-we-maken-er-gewoon-te-veel-voor-zon-kleine-markt~a2a7b711/">here</a>, in Dutch).</p>
<p>But a new law, about to be discreetly voted in, is about to extend this tax shelter to <a href="https://www.gamesindustry.biz/articles/2022-05-26-belgian-government-introducing-tax-shelter-for-games-by-2023">the gaming industry,</a> considered by some to be also a form of art, thanks to a convenient stretch of the imagination. The gaming industry in Belgium is already very strong, and therefore doesn’t not require government-funded support. What is virtually guaranteed to happen however, if history is any teacher, is that more dubious “fiscal optimization” will be channeled through this new loophole, which the Belgian government will have every difficulty in the world to keep under control.</p>
<p>In the case of the Belgian example, several high-profile cases of <a href="https://www.standaard.be/cnt/dmf20220324_98208744">outright fraud and tax evasion</a> have already been brought to light in recent years. Fraudulent organizations have used the tax shelter to simply avoid paying taxes by financing cronyism and frivolous artistic projects. Despite Brussel’s calls for fiscal reform and simplification, Belgium is going one step further by extending the tax shelter to an industry which has no need for subsidization, is notoriously international and therefore virtually impossible to audit effectively, and will provide a golden opportunity to individuals and companies to further deprive the European commission and their local government from much-needed fiscal collections.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La fédération des auto-entrepreneurs demande au gouvernement de réouvrir le FDS</title>
		<link>https://www.hegemon.eu/2020/09/17/la-federation-des-auto-entrepreneurs-demande-au-gouvernement-de-reouvrir-le-fds/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Hegemon]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Sep 2020 12:42:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[Après avoir sondé pour une quatrième fois sa population des AE, la Fédération Nationale des Auto-Entrepreneurs (FNAE) fait appel au gouvernement, car les entrepreneurs souffrent toujours du choc économique de la crise.  Face à une reprise molle, la FNAE estime que la fermeture du Fonds de Solidarité est prématurée.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Après avoir sondé pour une quatrième fois sa population des AE, la Fédération Nationale des Auto-Entrepreneurs (FNAE) fait appel au gouvernement, car les entrepreneurs souffrent toujours du choc économique de la crise.  Face à une reprise molle, la FNAE estime que la fermeture du Fonds de Solidarité est prématurée.</em></p>
<p>Le 3 septembre, la FNAE a sondé un échantillon important (plus de 3000 personnes) quant aux conditions de reprise et à leur situation individuelle. Malgré l’intervention gouvernementale, la reprise des activités se fait attendre et plus des deux tiers de la population des auto-entrepreneurs sondés prévoient toujours de grosses difficultés. Ils sont parmi les premiers impactés par la reprise économique faible.</p>
<p>Le Fonds de Solidarité avait ciblé comme secteurs les plus vulnérables, et donc les plus susceptibles de recevoir une aide gouvernementale, le secteur touristique, le secteur sportif, les services aux entreprises, la logistique et la communication.</p>
<p>Les auto-entrepreneurs ont massivement fait appel aux dispositifs d’aide gouvernementale en début de crise, mais leur soutien a subitement chuté à l’été. La FNAE cite deux facteurs-clés :</p>
<ul>
<li>Les décalages de trésorerie, qui imposent des semaines, voire des mois, entre l’activité réelle et l’encaissement des factures. Le président, Grégoire Leclercq, explique que « Les bénéficiaires du régime qui ont redémarré cette rentrée n’encaisseront leur chiffre d’affaires qu’au dernier trimestre 2020 ».</li>
<li>La cécité bureaucratique qui exclura parfois un auto-entrepreneur qui travaille pourtant dans un secteur soutenu, parce qu’il n’est pas enregistré auprès des services de l’Etat sous le bon code d’activité (NAF). Selon la FNAE, « les communicants dans le monde de la culture ou du sport sont particulièrement touchés, pour ne citer qu’eux »</li>
</ul>
<p>Le fonds de solidarité ne vient plus en soutien des auto-entrepreneurs dont la trésorerie est en décalage avec leurs activités.</p>
<p>La barrière du code NAF prive un grand nombre d’auto-entrepreneurs de l’aide, alors qu’ils travaillent dans un secteur pourtant soutenu., témoigne la FNAE.</p>
<p>De surcroît, les auto-entrepreneurs se sentent sacrifiés suite à l’arrêt soudain de leur dispositif d’aide, alors que les TPE et PME vont bénéficier d’un soutien appuyé. La FNAE demande donc au gouvernement de réactiver le Fonds de Solidarité jusqu’à la fin de l’année, de prévoir une fermeture dégressive et de le généraliser à l’ensemble des secteurs. En contrepartie, le syndicat suggère que les AE pourraient être tenus de justifier la baisse de leur chiffre d’affaires. La FNAE estime, sans ces mesures d’urgences, le nombre de structures d’auto-entrepreneurs qui sont menacées entre 200 et 300 000. Ces mesures permettraient alors de protéger les auto-entrepreneurs les plus vulnérables, et d’optimiser les fonds destinés à la relance.</p>
<p>La FNAE demande donc à être reçue par le gouvernement pour ouvrir ces négociations.</p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Défense et citoyenneté, quel service national pour la France de demain ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Barrère]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jan 2020 21:30:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Défense]]></category>
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					<description><![CDATA[La défense de la cité est le premier des devoirs du citoyen. Il est vrai que l’accession à ce statut fût longtemps un privilège que l’on obtenait par le mérite, la sueur et parfois le sang. Dans l’antiquité telle qu’elle nous est décrite par Platon, les Grecs devenaient citoyens après un temps passé sous les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La défense de la cité est le premier des devoirs du citoyen. Il est vrai que l’accession à ce statut fût longtemps un privilège que l’on obtenait par le mérite, la sueur et parfois le sang. Dans l’antiquité telle qu’elle nous est décrite par Platon, les Grecs devenaient citoyens après un temps passé sous les armes au service de leur cité. A ce titre, bien qu’en France, ce statut soit dissocié de la participation au service national, il n’en demeure pas moins que la suspension du service militaire décidée par le président Chirac marqua un tournant majeur dans la manière d’appréhender la Défense au sein de la population française. Le retour à une armée exclusivement professionnelle fût en effet une première depuis la révolution française. Inspirés par le modèle antique, les révolutionnaires de la I<sup>ère</sup> République avaient pensé la Nation comme un peuple de citoyens en armes. Et c’est ce qui fit longtemps la grande force des armées révolutionnaires - et par la suite de la Grande Armée - face à leurs adversaires européens. Ces derniers employaient des soldats professionnels, parfois étrangers, qui se battaient pour un salaire selon la volonté de leur suzerain, quand les « soldats-citoyens » français se battaient pour la survie de leur Nation et la diffusion de leurs idéaux républicains. Les coalisés furent ainsi souvent stupéfaits par la motivation quasi mystique qui animait les troupes françaises à tous les échelons de la chaîne de commandement et leur permettait de marcher plus longtemps, plus vite et ainsi devancer l’adversaire sur le champ de bataille pour le combattre au moment favorable. Et comment en effet ne pas être frappé par le supplément d’âme de ces soldats français, à la lecture des <em><u>Mémoires</u> </em>du Sergent Bourgogne, qui relate la campagne de Russie et le supplice indicible de l’interminable retraite, sans jamais formuler le moindre reproche ou manifester d’aigreur envers son Empereur ? La force morale des combattants est un paramètre souvent négligé lorsque l’on s’attache à mesurer la puissance d’une armée, qui certes s’évalue en masses humaine, mécanique, ou technologique, mais qui dépend avant tout de l’efficacité de ses structures de commandement et de la cohésion de l’ensemble derrière un idéal, un chef, ou une vision du monde. A ce titre, même si le soldat d’aujourd’hui demeure un citoyen presque comme les autres, la mutation de l’Armée française amorcée en 1996, pleinement justifiée à l’époque, constitua une réelle rupture sociologique dont les multiples conséquences furent certainement mal envisagées.</p>
<p>Il n’est donc pas surprenant d’observer, lors d’atteintes directes, humaines et tragiques aux fondamentaux de la République, deux décennies plus tard, la classe politique prôner à un retour du service national, comme solution aux fractures d’une société civile en perte de repères et d’identité. S’il est évident que ce retour au service est encore à l’état d’expérimentation sans définition précise ni cadre législatif, il est permis d’espérer que Service National Universel (SNU) ne constitue qu’une phase embryonnaire d’une forme de conscription plus ambitieuse, répondant à une soif d’engagement très prégnante au sein de la jeunesse. L’explosion des candidatures d’accès à la réserve militaire ou citoyenne, constatée à la suite des attentats de novembre 2015, est l’un des meilleurs signes que la jeunesse souhaite s’engager d’une manière ou d’une autre, dans la protection des Français sur le territoire. Il importe donc de réfléchir aux contours de cette nouvelle forme de service national, tout en répondant aux questions : « Quelle armée ? Pour quoi faire ? Face à quelles menaces ? A quel coût ? »</p>
<p>Il ne s’agit pas ici de remettre en cause le modèle actuel d’armée professionnelle, bien équilibré et particulièrement adapté aux menaces extérieures, mais bien de le compléter tout en renforçant l’unité de la Nation, mise à mal par la succession sur un temps long de mesures idéologiques et sociologiques.</p>
<p>Pour aborder certaines problématiques, l’approche historique peut constituer une grille d’analyse très utile. En l’occurrence, l’organisation de l’armée Boer<a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle, offre de nombreux éléments de réflexion.</p>
<p>Résultant de la nécessité pour les Afrikaners<a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> de se prémunir contre les attaques de différentes tribus africaines ainsi que des velléités britanniques sur leurs territoires riches en minerais, l’armée Boer fût un formidable exemple de l’intégration réussie de peuples différents, originaires principalement des Pays-Bas, d’Allemagne et de France, mais solidement unis par une même croyance et une vision nationale commune. Elle constitue une parfaite illustration du caractère indissociable qui unit la notion de citoyenneté à celle de défense de la Nation. L’armée Boer, regroupant les hommes de l’Etat Libre d’Orange et du Transvaal, était organisée en une quarantaine de « <em>Kommandos</em> » (équivalents à des régiments comptant chacun entre 1000 et 3000 hommes). L’originalité de son organisation réside dans le fait que l’aménagement de l’armée était calqué sur le découpage administratif civil, répondant au besoin vital d’avoir la capacité d’effectuer une mobilisation rapide afin de se prémunir des attaques de tribus autochtones. Ainsi, le <em>Kommando</em> correspondait à un district (en général une ville). Chaque district était découpé en divisions (équivalentes à nos compagnies) placées sous les ordres d’un officier (« <em>Veldkornet</em> »), elles-mêmes découpées en sous-sections d’une vingtaine d’hommes. Chaque <em>Veldkornet</em> était responsable de l’entraînement des citoyens, du maintien de l’ordre dans son secteur, de la perception des impôts et de l’approvisionnement en armement et munitions. A ces combattants venaient s’ajouter des « <em>Agterryers</em> », responsables de la garde des chevaux pendant les combats, et des travaux de terrassement (tranchées…). Il s’agissait généralement d’employés de ferme noirs ou métis, mais aussi d’adolescents et vieillards boers. N’étant pas pourvu d’un uniforme, chaque soldat Boer était néanmoins doté d’un cheval, d’un fusil et ses munitions, et emportait sur lui une semaine de rations.</p>
<p>Lors de la seconde guerre des Boers, qui opposa ces derniers à la puissante armée britannique de 1899 à 1902, cette organisation se montra redoutablement efficace. Tout d’abord parce que les Boers combattaient sur un terrain qu’ils connaissaient parfaitement. Se battant pour la survie de leur Nation, ils disposaient d’une motivation bien supérieure à celle des soldats professionnels de la couronne. Tous les officiers étaient élus par leurs concitoyens, ce qui n’était certes pas gage de compétence, mais garantissait néanmoins une troupe unie derrière son chef. Combattants rustiques rompus à la vie au grand air dès le plus jeune âge, chasseurs par nature et redoutables tireurs, les Boers disposaient en outre de fusils modernes leur offrant un avantage tactique certain sur leurs assaillants.</p>
<p>Se déplaçant à cheval, mais combattant à pied depuis des positions souvent enterrées, ils savaient néanmoins faire preuve d’une grande mobilité et étaient capables de réagir rapidement en regarnissant au besoin une ligne de feu à l’endroit même où les Britanniques concentraient leur effort.</p>
<p>Enfin, s’approvisionnant essentiellement sur l’habitant, ils ne s’embarrassaient pas d’une logistique lourde, ce qui leur permettait de franchir d’immenses distances en peu de temps, sans nécessiter de longues phases de réapprovisionnement et de réarticulation. Par ailleurs, la souplesse d’organisation de l’armée Boer lui permit dès 1900, de basculer aisément vers une tactique de guérilla afin de faire face au déséquilibre croissant du rapport de force, les renforts britanniques arrivant en masse de tout l’empire. Côté britannique, il fallut en effet amener les effectifs à 450 000 hommes pour venir à bout d’une armée de paysans qui ne dépassa jamais 50 000 âmes. Et encore, cela ne fût suffisant qu’au prix de mesures terribles décidées par Lord Kitchener. Celui-ci décida la destruction pure et simple d’environ 40 bourgades et 30 000 fermes ainsi que la déportation d’un quart de la population, afin de couper les Boers de leurs sources d’approvisionnement. En parallèle, il fit établir sur l’ensemble du territoire un maillage de 8000 fortins reliés par des fils barbelés agrémentés de clochettes, dans le but de déceler les cavaliers Boers et contrarier leur mobilité.</p>
<p>Ce qu’il faut retenir de l’organisation de l’armée Boer, c’est que, par son efficacité, sa souplesse d’emploi et son adaptation au terrain, elle posa d’énormes difficultés à l’une des plus grandes armées du monde, qui n’obtint la victoire qu’après trois années de combat et par des moyens pour le moins condamnables.</p>
<p>Bien entendu, il ne s’agit pas de calquer le « modèle boer » sur la France, ne serait-ce qu’en raison de différences culturelles fondamentales ne le permettant pas. Car ce modèle comportait certains travers indissociables de ses qualités.</p>
<p>Une telle armée manquait cruellement de discipline quotidienne et les effectifs des <em>Kommandos </em>étaient beaucoup trop fluctuants. Il n’était pas rare en effet qu’un soldat décide de son propre chef de rentrer chez lui pour participer quelques jours aux travaux de la ferme. De même, la qualité du commandement était très inégale d’un <em>Kommando</em> à l’autre. Les Boers ne disposaient pas d’écoles de formation pour leurs cadres, et les chefs n’avaient souvent pour sens tactique que leur intuition, même si certains d’entre eux étaient bien conseillés par des aides de camp étrangers ayant auparavant servi au sein d’armées européennes. Enfin, le système électif de la chaine de commandement pouvait conduire à de fréquents changements de chefs au gré du ressenti de la troupe, dont on sait bien la versatilité lorsque les revers s’enchaînent, ou qu’une situation de crise exige temporairement un style de commandement plus ferme qu’à l’accoutumée.</p>
<p>Il s’agit donc ici de ne retenir que quelques aspects originaux et intéressants, puissent être transposables à notre Nation et notre époque. Car au fond, quel est le but du SNU, au-delà de la nécessité de rétablir par le brassage des populations impossible dans la vie civile, les prémices d’une unité nationale ?</p>
<p>Face au fameux « retour de la guerre », que l’on pressent pour les décennies à venir, il est évident que l’armée française, réduite qu’elle est à portion congrue, ne saurait répondre longtemps à une attaque massive. Et même s’il est vrai qu’en cas de grande guerre, la France serait très certainement partie intégrante d’une coalition internationale, il n’est toutefois pas totalement déplacé de réfléchir à un modèle permettant d’appréhender l’envahissement par une puissance extérieure de tout ou partie du territoire métropolitain. De même, il peut être intéressant de penser une organisation qui puisse faire face à des menaces endogènes. Qui aujourd’hui est en effet capable de dire ce que seront dans trente ans certaines zones dite « de non-droit » où bandes criminelles et extrémistes religieux vivent selon leurs propres lois ? Va-t-on vers une certaine forme revisitée de féodalisme, avec des bandes armées opérant en razzias dans les villes et villages avant de se replier dans leurs fiefs ?</p>
<p>Face à ces menaces, le modèle boer peut apporter quelques réponses, même s’il faut bien relever quelques limites. Tout d’abord, le modèle boer fonctionnait parce qu’il existait une volonté d’unité culturelle et une cohésion nationale extrêmement fortes au sein du peuple, qui compensaient le manque relatif de discipline militaire. De plus, les Boers, fréquemment attaqués par différentes ethnies africaines locales, considéraient l’organisation défensive de leur nation comme une nécessité vitale. Enfin, la culture des armes était profondément ancrée dans leur quotidien. Dès qu’il était en âge de monter à cheval, le jeune Boer était instruit à la discipline du tir, de par les nécessités de la chasse et de l’autodéfense. Tous ces éléments culturels rendent délicate l’application de ce modèle en France. Car force est de constater que l’unité culturelle est un concept de plus en plus friable au sein de notre société. La culture des armes y est quasi inexistante, et il n’est par ailleurs pas certain qu’il soit une bonne chose d’armer et entraîner certaines catégories de population dont le sentiment d’appartenance nationale semble plus qu’émoussé. Sur la question des uniformes, la société française et l’époque en général, seraient en faveur de l’adoption d’une tenue de service pour équiper de telles unités, ne serait-ce qu’en termes d’image. Sur ce plan, les Français seraient particulièrement sensibles au fait que ces troupes ne puissent être associées à tout ce qui ressemblerait de près ou de loin à une milice. A cet effet, il est essentiel que ces unités soient équipées à l’identique de l’armée d’active et commandées par des militaires professionnels.</p>
<p>Mais faisons un effort de vision prospective, et projetons-nous en 2045, dans une ville française de taille moyenne. <em>Paul a 30 ans et travaille comme ingénieur en cybersécurité dans une entreprise partenaire de l’Etat. Il fait partie de cette première classe d’âge à avoir suivi le Parcours Citoyen Nouvelle Génération (PCNG). A partir du collège, il a ainsi bénéficié du programme « défense et sécurité », autrefois optionnel et rendu obligatoire dès 2026, où il a appris la création du Service de la Garde Nationale (SGN). Après avoir obtenu son baccalauréat, comme tous les jeunes gens de sa génération, il effectue donc son année de service national. Etant volontaire et jugé physiquement apte, il rejoint le SGN, quand d’autres s’orientent vers le Service Civique National (SCN), second volet de la nouvelle conscription visant à recréer du lien dans la société en affectant les jeunes pour une durée d’un an dans des unités d’aide à la personne, des administrations en déficit de personnel, ou des structures de type EHPAD. Après 3 mois de formation initiale et d’aguerrissement conduits exclusivement en extérieur, il sert pendant 6 mois dans l’unité rattachée à son canton. Son quotidien se compose de patrouilles en ville, visant à rassurer une population inquiète de voir qu’en plus de la menace terroriste, de petits groupes armés extrêmement violents et déterminés se livrent à des pillages dans les villages.  Le soir, lorsqu’il n’est pas de service, Paul rejoint son domicile et reste joignable via son téléphone portable crypté. En effet, le SGN ne dispose pas de casernes mais simplement d’antennes où sont stockés l’armement et les munitions et où se trouve la partie administrative de chaque compagnie cantonale ainsi que les véhicules, principalement des quads et des motocross. Dans les faits, les compagnies sont composées pour moitié d’un noyau dur permanent de jeunes gens effectuant leur service national, l’autre partie étant constituée de réservistes ayant souhaité poursuivre leur volontariat. Ces réservistes, dont Paul fait aujourd’hui partie, participent aux patrouilles sur leur temps libre et selon un système de rotations à raison de 3 à 5 jours par mois en moyenne. Le tout est commandé par des officiers d’active, secondés par des sous-officiers de réserve, dont il fait partie, ayant suivi une formation de chef de groupe à l’école nationale des sous-officiers. Paul affectionne particulièrement ces périodes de réserve, où il reste au contact de la jeunesse et peut transmettre tout ce qu’il a appris. En tant que chef de groupe, il est en charge d’une dizaine de jeunes appelés, répartis sur 3 quads et 7 motocross. Cela leur permet d’être très mobiles et de s’affranchir au besoin des routes et des chemins pour rejoindre un poste d’observation de circonstance ou mener une infiltration dans les bois. Les quads assurent le soutien logistique du groupe et l’un d’entre eux est équipé d’une arme d’appui de calibre 12,7 mm, particulièrement précieuse et dissuasive en cas de lutte contre des groupes armés. Paul avait participé 4 ans plus tôt à une manœuvre d’interception de l’un de ces groupes armés effectuant une razzia dans un hameau voisin de son canton. Sa compagnie avait réussi à encercler les brigands qui avaient fini par se rendre face à la puissance de feu affichée. Cet événement avait été son baptême du feu. Il était très fier de la rapidité avec laquelle son groupe avait réagi et avait mis en place son dispositif, et de l’attitude de chacun de ses camarades. C’était l’une des premières fois que le SGN marquait son efficacité, que l’on pouvait entre autres attribuer à la parfaite connaissance du terrain de Paul et ses camarades, qui s’étaient régulièrement entrainés dans les parages et en connaissaient le moindre sentier. De manière indiscutable, l’ancrage territorial de ces compagnies cantonales avait prouvé à tous ses détracteurs que la Nation était désormais prête à se défendre, y compris contre un envahisseur autrement plus fort que ces bandits. Car le but de ces compagnies cantonales était aussi de faciliter l’entrée du peuple en résistance en cas de défaite militaire contre un adversaire supérieur. En s’entrainant régulièrement aux techniques de guérilla, et demandant peu de soutien logistique, elles avaient la capacité de harceler une armée d’occupation dans la durée tout en bénéficiant d’une structure de commandement éprouvée.</em></p>
<p>Si cette évocation, purement prospective, peut faire sourire ou sembler saugrenue, coûteuse ou irréaliste, il faut néanmoins comprendre que l’unité de la France ne se reconstruira sans doute sans l’apport du service national. Mais la société française a changé ; de ce fait, le reconstruire à l’identique de ce qu’il était serait une erreur et nécessiterait un temps considérable, à la fois pour bâtir des casernes en nombre suffisant, et pour former l’encadrement nécessaire à l’absorption d’une classe d’âge. En outre, on a tendance à oublier aujourd’hui que le service national n’était plus égalitaire depuis bien longtemps, et que le brassage social tant vanté de nos jours n’est qu’une représentation bien romantique de ce qu’a pu être en réalité la conscription.</p>
<p>Cependant, il n’est pas de meilleur ciment, pas de meilleur catalyseur des énergies que la sueur, et ce quel que soit le niveau auquel on se place. Il n’y a que la souffrance dans l’épreuve que l’on surmonte collectivement, qui puisse créer des nœuds invisibles mais indestructibles entre les êtres. Il n’est que la douleur qui permette d’oublier les préjugés afin de se concentrer sur l’essentiel, à savoir la survie, le franchissement d’un obstacle. Elle gomme les différences sociales ou physiques, se moque des convictions religieuses et de la couleur de peau, car seule l’union des corps permet de vaincre l’obstacle. Que font aujourd’hui la plupart des équipes nationales de rugby avant une coupe du monde ? Elles passent deux semaines dans un centre d’entrainement commando, car chacun y rencontre la peur (du vide, du confinement…), le froid, la fatigue, et ne les surmonte que par la force du groupe, qui en sort renforcé. Que fait une entreprise qui souhaite renforcer sa cohésion ? Elle organise un séminaire intercatégoriel où l’on va sauter à l’élastique, ou bien participer à des pistes d’accrobranches, à une tyrolienne… en bref, où l’on va s’opposer à ses réflexes reptiliens et affronter sa peur de mourir, en s’ouvrant aux autres, et en partageant des épreuves communes qui sortent chacun de sa zone habituelle de confort. Pourquoi en serait-il autrement à l’échelle de la Nation ?</p>
<p>Notre époque ne connaît quasiment plus aucun brassage et il ne faut pas s’étonner que certains de nos « quartiers » deviennent des ghettos et des zones de non-droit. Il s’agit donc à présent de bousculer nos habitudes et de nous souvenir que la situation que nous connaissons aujourd’hui est finalement très nouvelle et extrêmement courte au regard de l’ensemble de l’histoire de France. Et pourtant, que de ravages sur notre identité en seulement vingt ans d’apartheid économique et culturel provoqués entre autres choses par la disparition du service national ! Aussi, n’ayons pas peur de développer des projets de société audacieux, car l’unité de notre société est <em>in fine</em> la clef de voute de notre Nation, telle qu’elle est décrite dans le <em><u>Dictionnaire de la langue française</u></em>, à savoir, « un ensemble de personnes vivant sur un territoire commun, conscient de son <strong>unité </strong>(historique, culturelle) et constituant une entité politique ».</p>
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Boer : paysan Afrikaner.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> Afrikaner : Population sud-africaine blanche, protestante (calviniste) d’origine néerlandaise, allemande, française (Huguenots) et scandinave, s’exprimant en Afrikaans (langue dérivée du Néerlandais du XVII<sup>e</sup> siècle), venue s’installer en Afrique australe comme sur une « terre promise » afin d’y fonder une communauté à l’écart des dérives du modernisme et en accord avec les préceptes chrétiens.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-142" src="https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2020/01/Boer.jpg" alt="" width="1684" height="2200" srcset="https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2020/01/Boer.jpg 1684w, https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2020/01/Boer-230x300.jpg 230w, https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2020/01/Boer-784x1024.jpg 784w, https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2020/01/Boer-768x1003.jpg 768w, https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2020/01/Boer-1176x1536.jpg 1176w, https://www.hegemon.eu/wp-content/uploads/2020/01/Boer-1568x2048.jpg 1568w" sizes="(max-width: 1684px) 100vw, 1684px" /></p>
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		<title>Aimer la terre et se battre.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Benjamin Barrère]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Dec 2019 09:50:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<category><![CDATA[Billet d'Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>
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					<description><![CDATA[« Pourquoi vous battez-vous ? » Quel militaire n’a jamais été interrogé de la sorte sur les motivations le poussant à partir au combat loin des siens ? Tous, à un moment ou un autre de leur parcours, se sont posés cette question : « pourquoi vais-je me battre ? ». Introspection qui conduit à revenir sur les raisons d’un engagement pas comme les autres.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;" align="JUSTIFY"><i>de la nécessité de bien enseigner la géographie.</i></h2>
<p align="JUSTIFY">« Pourquoi vous battez-vous ? » Quel militaire n’a jamais été interrogé de la sorte sur les motivations le poussant à partir au combat loin des siens ? Tous, à un moment ou un autre de leur parcours, se sont posés cette question : « pourquoi vais-je me battre ? ». Introspection qui conduit à revenir sur les raisons d’un engagement pas comme les autres.</p>
<p align="JUSTIFY">A ce propos, Jean LARTEGUY écrivait que « <i>les hommes de guerre sont de l’espèce qui se rase pour mourir. Ils croient à la rédemption de l’homme par la vertu de l’exercice et du pas cadencé. Ils cultivent la force physique et la belle gueule, s’offrant le luxe de réveils précoces dans les matins glacés et des marches harassantes pour la joie de s’éprouver. Ce sont les derniers poètes de la gratuité absolue.</i> » A une époque où les raisons des interventions de nos armées loin de nos frontières sont souvent mal comprises de l’opinion publique, parfois considérées comme suspectes parce que mal expliquées par les décideurs politiques, il importe de réfléchir sur ce qui peut encore pousser le soldat à faire le choix de son engagement, dont l’issue peut être la mort. Lorsque l’on meurt au Mali, est-ce pour la France ou pour protéger les intérêts d’Areva ? Si cette question, dans sa formulation et ce raccourci, insulte la mémoire de ceux de nos compatriotes tombés au Champ d’Honneur, elle reste sous-jacente dans chacun des débats relatifs à l’envoi de militaires français en dehors des frontières nationales.</p>
<p align="JUSTIFY"><a name="_GoBack"></a>En réalité, les ressorts de la motivation du militaire sont pluriels. Comme le souligne Jean LARTEGUY, le militaire ne se pose pas nécessairement la question du « pourquoi il meurt ». Il exerce son métier tel un sacerdoce et n’a, à ce titre nul besoin de justification lorsqu’on l’envoie au combat. Il se bat pour sa famille, pour son drapeau, pour la France dans ce qu’elle a d’éternel et pour la Nation, peu importent les gouvernements présents et passés. Certains se battent par goût de l’action, ou sont animés par une soif d’évasion empreinte de romantisme et d’idéaux chevaleresques. Mais ce serait oublier la dimension « territoriale » du soldat : on se bat aussi pour la terre, SA terre. Aujourd’hui encore, bien que cet aspect semble moins évident qu’en 1870 ou en 1914, quand la population française était rurale et paysanne. Il convient de se remémorer qu’à cette époque et en temps de guerre, l’armée française était donc composée à majorité de conscrits travaillant la terre au quotidien et dans un but de suffisance primaire. Oui, rappelons-nous d’une époque où l’on se battait sur le sol national et où les affrontements se déroulaient principalement au milieu des champs. Cet ancrage « terrien » incarne un lien charnel entre l’homme et « Sœur notre mère la Terre », ainsi que la nommait Saint François d’Assise dans le <i>Cantique des Créatures</i>, vers 1224, et l’on comprend ainsi l’acharnement des Poilus à la défendre mètre par mètre, tranchée par tranchée. Ce lien est naturellement toujours prégnant pour l’armée de Terre qui a, rappelons-le, nommé son uniforme « tenue Terre de France » en référence à la terre crayeuse de champagne, qui colle au godillots dès la moindre pluie et imprègne de sa pâleur hommes et véhicules.</p>
<p align="JUSTIFY">L’exercice de campagne peu avoir un effet des plus inattendu : celui de déclencher, chez le soldat que l’on imagine bourru et aguerri au combat le plus cruel, une inclinaison au lyrisme et une appétence pour la nature. Qui en effet n’a jamais vibré, au détour d’un survol lors d’une reconnaissance de terrain ou d’une manœuvre, en contemplant la campagne lorraine par un après-midi d’automne ? Qui n’a pas été absorbé par ses songes en scrutant son ciel vaguement laiteux transpercé par les rayons dorés d’un soleil d’octobre ? Qui ne s’est pas ému de ce tableau composé de bois inondés de pourpre, d’ambre et de carmin ? Qui n’a pas savouré le spectacle de vallons, du fond desquels s’échappent les volutes d’une fumée de cheminée s’échouant en bancs improvisés au gré de faibles brises ?</p>
<p align="JUSTIFY">Difficile d’imaginer, face à la quiétude de ces paysages simples, que cent ans plus tôt, cette campagne fut le lieu des affrontements les plus féroces avec les Allemands. Difficile de croire que ces coteaux furent dépouillés de toute végétation et abreuvés du sang des braves. Pourtant, la terre parle et son relief est une page d’histoire, un chemin de mémoire pour qui saura les observer et les lire. Ici une trouée, là la balafre d’une tranchée… plus loin quelques cratères meurtrissant encore le sol, et enfin cette trainée blanche géométrique : un cimetière militaire. L’alignement impeccable et à l’infini des croix immaculées glace invariablement le sang. Il est de ces lieux où transpire une tristesse éternelle, à la vue desquels on ne s’habitue jamais. Finalement, les croix blanches matérialisent ce lien charnel entre le soldat et la terre pour laquelle et sur laquelle il est tombé. Accrochés dans une mer de silence, l’honneur et la mémoire flottent tels des rubans invisibles. Et autour cette campagne alanguie, impassible aux querelles des hommes. Les champs laminés en sillons impeccables jouxtent les prés où les bestiaux profitent de l’herbe grasse en ces dernières journées de douceur. Quelques clochers dardent le ciel et laissent deviner des villages qui se détachent délicatement du décor. Les habitations aux façades ocre captent merveilleusement cette lumière d’or et semblent briller de mille éclats, avant de bientôt se faner et revêtir un aspect des plus ternes dès que le jour pâlit. Autant de détails, ou de données que gardera en lui celui qui livrera une bataille pour protéger sa terre.</p>
<p align="JUSTIFY">Cette représentation de ce que peut être une campagne française revêt une consonance mystique en ce sens que cette vision géographique, voire géologique, que le militaire catégorise en relevés topographiques, n’est <i>in fine</i> qu’une transfiguration allégorique de la famille, l’histoire, le drapeau et la patrie. C’est pourquoi il est tout aussi important d’étudier la géographie que l’histoire lorsque l’on cherche à créer un ciment national. Les fameux « hussards noirs » de la III<sup>e</sup> République » ne s’y étaient pas trompés. Ils avaient bien compris que la cohésion de la Nation passait par une instruction rigoureuse. Et à ce titre, autant l’on peut admettre que l’enseignement de l’histoire à l’époque n’était pas exempt de tout reproche et qu’il était le fruit d’une certaine idéologie prompte à effectuer quelques raccourcis discutables, autant l’enseignement de la géographie était alors un modèle du genre. Il suffit de lire <i>Le Tour de France par deux enfants, </i>publié par Augustine FOUILLÉ sous le pseudonyme de de G. BRUNO, pour le comprendre. Ce manuel de lecture scolaire, paru peu après la défaite de 1870, conçu pour encourager un sentiment patriotique au sein de la société, plaçait l’étude de la géographie en tant que base de l’éducation de la jeunesse d’alors, qu’elle soit civique et morale, mais aussi scientifique et historique. En définitive, c’est bien la géographie qui servit de socle à ces « leçons de choses » sur l’industrie, le commerce, l’agriculture ou l’artisanat. De fait, n’importe quel paysan du Gers ou du Morbihan était capable de placer Thionville sur une carte et avait des notions relativement étoffées quant aux productions industrielles du bassin lorrain, tandis que le cadre diplômé d’aujourd’hui, malgré un accès extrêmement facilité à la ressource, se targue souvent de ne pas lire et ne se cultive plus. Tout au mieux est-il influencé par un certain parisianisme suffisant, considérant qu’il n’est point de salut culturel au-delà des boulevards des maréchaux.</p>
<p align="JUSTIFY">Force est de constater que la progression de l’illettrisme aujourd’hui – détecté notamment lors des Journées Défense et Citoyenneté organisées par le ministère des Armées - et la perte d’un socle culturel commun du fait de la progression du communautarisme, sont plus que jamais préoccupants. Car le manque de connaissances l’ignorance de masse sont avant tout, au mieux le terreau de l’émergence d’un relativisme peu enclin à la résurgence d’une culture de guerre, et au pire un tremplin vers l’obscurantisme ou le totalitarisme. Pour vaincre, il faut être capable de savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va, ou en d’autres termes, vouloir répondre à la fameuse question « qui sommes-nous ? ».</p>
<p align="JUSTIFY">Dans ce domaine, il est illusoire que le sacro-saint « vivre ensemble », ne faisant que relier par la force des individus par le vide de la théorie, puisse répondre à une telle question. Il n’est pas non-plus de « vivre ensemble » qui puisse créer une fierté nationale suffisamment solide pour que l’on veuille se battre et mourir. Il n’y a guère que l’amour des siens et la culture au sens large qui puissent forger ce sentiment, ce qui explique aussi pourquoi à travers les âges, tant d’illustres étrangers amoureux de la France soient venus en écrire une fraction de l’histoire. Or, la culture englobe certes l’art et l’histoire, mais elle est peut-être avant tout l’émanation d’un terroir riche qui façonne nos modes de pensée et nos habitudes sociales. En somme, elle est résultat d’un amour profond pour la terre. Car si l’histoire peut être écrite de toute pièces comme un roman national au gré des régimes politiques, si la culture est quant à elle à l’image de son époque, la terre, elle ne ment pas. Certes, elle peut être altérée et subir tant les ravages que le génie de l’activité humaine, mais les coteaux et les vallons subsistent, insensibles à l’air du temps. Ainsi, aimer la terre ne se résume pas à une contemplation béate d’un paysage apaisant. Ce sont aussi des odeurs, des sensations, c’est par exemple reconnaître sur ses papilles la senteur d’un sol argilo-calcaire lorsque l’on déguste un Médoc et que l’on a auparavant parcouru les rives de l’estuaire. C’est le sifflement du mistral dans les plissements hercyniens du massif du Garlaban, qui porte en lui des effluves de thym et de romarin. Le rapport à la terre semble donc être de toute évidence bien plus charnel que le rapport à l’histoire ou à l’art, et renferme quelque chose d’intemporel qui subsiste imperceptiblement en notre for intérieur, que l’on soit par ailleurs récemment immigré ou établi en un lieu depuis des temps immémoriaux. Le rapport à la terre est aussi un souvenir.</p>
<p align="JUSTIFY">C’est pour cette raison qu’il est donc plus que temps de revenir à un apprentissage d’une géographie dépassant la seule énumération des fleuves et des sommets français, sans faire de lien avec la terre. Il est nécessaire d’appréhender la géographie sous les prismes humain et territorial. De même, de façon moins méthodique et moins scolaire, la géographie doit s’étudier au travers des Lettres. Il est ainsi possible d’étudier la géographie mosellane en lisant <i>La Colline inspirée,</i> de Maurice BARRÈS ou de s’intéresser à la géologie provençale en relisant Marcel PAGNOL. C’est là un moyen de renouer avec le langage, la fierté nationale et le sentiment d’appartenance, bref de relier au sens propre de jeunes élèves à un ensemble qui les dépasse. Ce, sans pour autant glisser vers le roman plus politique que national, dont le risque serait la réinterprétation mémorielle, parfois victimaire, selon la tendance sociétale du moment. En définitive, le militaire ne se bat pas au nom de valeurs, de l’histoire de la culture, mais bien pour la terre, qu’il se batte au Sahel, au Levant ou sur le sol français.</p>
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		<title>Réforme des cotisations d’autoentrepreneurs : quand le gouvernement perturbe le marché plus qu’il ne l’aide</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Hegemon]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Oct 2019 15:37:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
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					<description><![CDATA[Le mois dernier, les représentants des autoentrepreneurs apprenaient par voie détournée et à la dernière minute, qu’un décret secret devait être publié en catimini, pour faire machine arrière sur une décision annoncée en grande pompe, en janvier. A prévoir, une hausse brutale des charges, une perturbation violente pour les entreprises naissantes et une entaille profonde au lien de confiance.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><i>Le mois dernier, les représentants des autoentrepreneurs apprenaient par voie détournée et à la dernière minute, qu’un décret secret devait être publié en catimini, pour faire machine arrière sur une décision annoncée en grande pompe, en janvier. A prévoir, une hausse brutale des charges, une perturbation violente pour les entreprises naissantes et une entaille profonde au lien de confiance.</i></p>
<p><b>Une initiative gouvernementale malheureuse</b></p>
<p>A l’approche de la nouvelle année, le gouvernement, soucieux de paraître dynamiser l’économie, annonçait qu’au premier janvier 2019, une mesure spéciale serait mise en place pour permettre un allègement des charges pour tous les créateurs d’entreprise sous statut autoentrepreneur. En effet, afin d’encourager l’entrepreneuriat (et donc, à terme, l’embauche), la réforme prévoyait que les charges sociales seraient réduites de 75% la première année, 50 la deuxième, 25 la troisième, pour enfin n’arriver à leur taux nominal qu’à la fin de ce biseau de lancement d’activité. Afin de ne pas perturber la gestion et les encaissements des divers organismes sociaux, la disposition retenue fut que le gouvernement complèterait les paiements de l’autoentrepreneur en question: un entrepreneur naissant de verserait qu’un quart de ses cotisations “normales”, et le gouvernement ferait parvenir à ses interlocuteurs sociaux les 75% restants, par exemple. Mais en Septembre, le gouvernement prend conscience de l’addition qu’il s’est lui-même infligée et annonce à la dernière minute changer les règles du jeu. A compter du 1er novembre, et quasiment sans préavis, les taux intermédiaires seront changés, réduits, et ce de manière applicable tant aux futurs autoentrepreneurs (le “flux”) qu’aux actuels (“le stock”). Les instances représentatives se ruent chez Muriel Pénicaud pour demander le gel du décret, afin de pouvoir réexaminer la réforme, y compris dans ses conséquences les plus nocives pour l’entrepreneuriat. Le décret est effectivement suspendu, mais le gouvernement n’a aucune intention d’en démordre. Alors, fausse bonne idée?</p>
<p><b>Une nouvelle usine à gaz</b></p>
<p>Administrativement, ce serait un massacre: l’URSSAF devra alors jongler entre les autoentrepreneurs actuels, en cours de création, établis de longue date… En tout, c’est 18 taux intermédiaires différents avec lesquels l’administration et l’administré devront se dépatouiller, avec d’innombrables perturbations à la clé, qui ne manquent pas de rappeler la gabegie du RSI. De l’aveu même d’une source proche du dossier, “<i>les URSSAF seraient techniquement incapables de mettre en œuvre la réforme dans les temps impartis</i>”. Lisez: il y aura des “<i>rattrapages</i>” une fois que les serveurs de l’URSSAF seront reconfigurés pour calculer les taux intermédiaires. Problème: puisque le gouvernement a procédé de manière volontairement “discrète” à cette annulation de réforme, la grande majorité des autoentrepreneurs ne découvrira que dans six mois qu’ils sont redevables de sommes qu’ils pensaient acquises. Une avalanche de cessation d’activités serait alors à craindre. Il est par ailleurs possible que ce soit là l’objectif masqué de la réforme, tant on sait combien certains tiennent à la fin du régime.</p>
<p><b>Les autoentrepreneurs, profiteurs du système?</b></p>
<p>Est-il besoin de rappeler que les autoentrepreneurs n’avaient pas demandé l’allègement de charges à leur encontre? En effet, la grande majorité d’entre eux ont choisi ce statut pour sa simplicité, et non pour “l’aubaine” que certains croient y voir. Car, si les charges sont effectivement inférieures pour un autoentrepreneur (environ 25%) que pour un salarié (environ 50%, charges salariales et patronales comprises), l’autoentrepreneur cotise à peu près pour du beurre, alors que les cotisations salariales ouvrent des droits très onéreux et sécurisants. La protection sociale des autoentrepreneurs est si minime que bien peu d’indépendants la sollicitent. Qu’importe, les autoentrepreneurs étaient prêts à remettre 25% de leur chiffre d’affaires, en échange de pas grand-chose, tant qu’on les laissait travailler sans les étouffer de complexité administrative. Dans cette mesure, le gouvernement est possiblement en train de tuer sa plus belle poule aux œufs d’or. A noter: il n’existe aucune donnée permettant d’indiquer si, effectivement, les autoentrepreneurs “pèsent” sur le système ou, au contraire, le nourrissent. A en juger de leur demande de protection sociale quasi-inexistante, la deuxième hypothèse paraît plus probable.</p>
<p><b>Instabilité, mère de tous les vices</b></p>
<p>Au-delà de la question de la contribution fiscale, l’affaire est bien plus grave par le coup de canif qu’il porte à la confiance économique, facteur fondamental du développement. Le gouvernement met en place un allègement de charges, même si les autoentrepreneurs ne le demandent pas : soit, tant mieux. Mais, depuis 9 mois, des dizaines de milliers d’entrepreneurs ont lancé leur activité, sur la base d’un business plan qui faisait confiance à la parole de l’Etat. 9 mois plus tard, parce que le gouvernement a pris une décision inconsidérée et a “besoin d’argent”, c’est autant d’entreprises dont les jambes seront coupées si le cap est maintenu. Comment demander aux indépendants, autoentrepreneurs ou sous d’autres statuts, de parier sur l’avenir si le gouvernement crée artificiellement plus de perturbations que les marchés n’en contiennent déjà naturellement.</p>
<p>Ronald Reagan prétendait que la phrase qui l’effrayait le plus au monde était “Bonjour, je viens de la part du gouvernement, je suis là pour vous aider”. En l’espace de moins d’un an, Paris aura eu le temps de sortir une idée alléchante de son chapeau, revenir dessus, déséquilibrer ses propres comptes et causer une blessure majeure dans l’esprit entrepreneurial français.</p>
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